Garrigue

C’est un matin glacial avec le ciel entier
D’un bleu triste profond et le soleil levant
Semble mourir déjà tandis qu’un léger vent
Fait courir sur la lande un frisson décharné.

Parfois on voit un trait dans ce plat paysage
Un marcheur droit qui passe effaré solitaire
De loin on le croirait arraché à la terre
Aussi stupide qu’un voyageur sans bagage.

Son sillage engloutit les arbustes arides
Et se trouble bientôt sous le souffle apaisant
Comme une longue plaie dont les deux bords saignants
Se rejoignent enfin en une sombre ride.

Ainsi tu te rendors pour une éternité
De silence immobile et sur ta peau rocheuse
On peut lire parfois la cicatrice heureuse
Qu’un marcheur englouti par le temps t’a laissée.


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